mardi, mars 20, 2007
lundi, mars 19, 2007
images et histoires / l'académie

Premier travail photographique réalisé au Cameroun en mars 2005
Série sur la représentation du modèle, réalisée, tirée puis exposée au quartier New Bell. Photographies 24X36 N/B d'Henri Murphy, acteur social du quartier et handicapé physique (il a eu la polio).
Les poses et le travail de laboratoire furent réalisé a K-Factory, local d'exposition, atelier et résidence, à l'époque, gérée par le cercle Kapsiki
Cette série regarde la représentation du "héros-modèle" et place l'académique dans une pespective politique de représentation.
J'ai cherché avec l'académie , une référence à la pratique et à l'exercice d'école. Une manière de prendre une place d'élève avec le médium. Et de profiter de cette place d'élève pour évoquer un cancre qui ferait des graffitis obscènes sur des tirages de Leni Riefensthal.
Photos parues dans la revue Sud Africaine
Chimurenga 10 : Futbol, Politricks & Ostentatious Crippleshttp://www.chimurenga.co.za/index.php




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dimanche, mars 18, 2007
images et histoires / le paysage
Février 2006
Région du Haut N'Kam, aux environs de Bouffoussam
Ce deuxième travail évoque pour la première fois de l'histoire du pays, des drames des crimes et des lieux marqués par une mémoire collective. Il se trouve qu'ils sont imputables à l'armée Française, avec le gouvernement qui va derrière, c'était entre 1955 et 1970. L'affaire parait énorme mais les calculs vont de 200 000 à plus de 400 000 morts. Ce sont des lieux symboliques de l'Histoire de France, quand, aux alentours de l'année 1960, et de l'indépendance du pays, l'armée française massacrait ou organisait le massacre des sympathisants de l'UPC, par peur de voir déferler dans ce qu'elle considérait comme son territoire, un socialisme ou/et un communisme capable de remettre en cause des intérêts économiques et stratégiques.
Ce travail est un travaill sur le paysage, lieu du crime et fiction de celui-ci.
Il se décompose en deux séries, le lieu dans son objectivité et sa présentation documentaire, et le lieu comme porteur d'une histoire, avec une proposition de fiction.
La première série va de Bouffoussam, à Bamendjou, à Mjombé et à des lieux naturels (Lac Baleng, chutes de la metche) qui, a un moment de cette histoire virent des exécutions, des têtes coupées pour intimider la population, des meurtres de masse. Il s'agit pour moi de me mettre dans la position de l'inspecteur de police, de légiste.
Les lieux du crime
Ouest du Cameroun, région de Bafoussam.
Photos du maquis.
La deuxième série évoque une fiction d'histoire. Dans ces lieux d'une nature luxuriante, je cherche dans le feuillage des arbres, les reflets de l'eau ou les broussailles, une écriture, le langage d'une nature qui parle, et me raconte l'invisible. Nature fertilisée de nombreux corps, lieux mystiques pour les habitants, les ancêtres du pays y sont.
Publié par philippe niorthe à 23:32 0 commentaires
samedi, mars 17, 2007
images et histoires / une histoire
Février 2006
La nuit Bana
Cette nuit là, j'ai voulu me mettre en condition, le lendemain, j'allais rencontrer des gens, des lieux, des histoires et j'aurais une boite à prendre des images avec moi.
J'aurai pu travailler la journée, mais j'ai raté le soleil, il ne m'avais pas attendu.
Alors j'ai fais où j'étais, devant une maison, par une nuit sans lune. Avec en tête les histoires politiques de 1960, les assassinats dans les villages.
Une chèvre était derrière moi, elle m'a rappelé:
"....
Alors le monstre s'avança, et les petites cornes entrèrent en danse.
Ah ! la brave chevrette, comme elle y allait de bon coeur! Plus de dix fois, je ne mens pas, Gringoire, elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. Pendant ces trêves d'une minute, la gourmande cueillait en hâte encore un brin de sa chère herbe ; puis elle retournait au combat, la bouche pleine... Cela dura toute la nuit. De temps en temps la chèvre de M. Séguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair et elle se disait :
- Oh ! pourvu que je tienne jusqu'à l'aube...
....
et piu lou matin lou loup l'a mangé " Alphonse DaudetElle avait mangé en combattant,
pourquoi ?
Alors qu'elle savait qu'elle allait mourrir.
Publié par philippe niorthe à 22:53 0 commentaires
vendredi, mars 16, 2007
images et histoires / le tourisme
Novembre 2006
La photo touristique comme preuve contemporaine de l'histoire.
Je suis au Cameroun avec le statut de touriste, c'est marqué sur mon visa. Je suis donc invité à regarder ce pays que je fréquente. Je sais que le paysage qui s’offre à moi est un dessin de l'histoire.
Le tourisme avec son envie de voyage est une forme occidentale et contemporaine, celle d’un engagement de soi, qui pourrait s'apparenter à une sorte de " performance " à la portée de chacun, plus exactement une expérience performative physique, sensorielle et espérons spirituelle. Il est par contre une forme banalisée du rapport à l'autre, opérant ici et là, dans la recherche de tous les conforts. Le confort matériel qui se juge en terme d'étoiles à l'hôtel et le confort intellectuel qui conforte sa propre histoire et réconforte sur une manière d'appréhender le monde: la collusion pratique entre l’histoire et la géographie. Le tourisme est aussi, par la masse grandissante des touristes, un nouveau vecteur idéologique, et peut-être une nouvelle forme de média.
Le tourisme culturel est celui qui voudrait que l'on aille à la rencontre de l'autre, entre la culture, la grande avec ses architectures debout ou couchées par les temps et les volcans, et la petite dans le marché de la ville, le " souk " avec ses épices et cet ailleurs qui rentrerait par les narines avec les délices de l'ignorance.
Il se trouve que le parfum de mon ailleurs sent le brûlé.
Je suis au Marché Congo, ex Quartier Congo, incendié pour les intérêts d'une certaine politique Française en Afrique (le refus de indépendance politique, de l’UPC: Union de Populations du Cameroun) par des militaires français et camerounais, et par des milices locales, déléguées aux basses oeuvres aux alentours de l'année 1960.
Des centaines de morts sans doute, brûles ou asphyxiés, tués par les mitraillettes pour ceux qui essayaient de sortir du quartier, morts dans les puits pour ceux qui voulaient échappés aux flammes et aux balles. C'est un lieux de notre histoire, indiscutablement, la présence française avec sa responsabilité directe en fait un lieu de l'Histoire de France. Mon désir de culture générale, et ma passion pour mon histoire me pousse à enquêter aujourd’hui dans la mesure où personne ne m'a enseigné de manière critique l'histoire contemporaine.
L’histoire est pour moi vierge d’images, je prends une liberté-responsable dans la construction d’un aujourd’hui de mémoire: c’est l’image de ma présence “touristique” qui donne à la maison le statut de monument.
A l’exception de la photo “la question du tourisme...” cadrée par moi, les autres ont été prises par Patrick Wokmeni. Patrick est un habitant du Quartier que j’habite, c'est aujourd'hui un ami, il a toujours été proche des activités artistiques du quartier. Je l’ai initié à la photo dès 2003, à chacune de mes venues, il a “mitraillé” le quartier. Pour ce travail, nous avons mis au point un protocole simple : je marche ou je pose, je te dis les lieux où les photos m’intéressent, tu cadres comme tu veux.
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Publié par philippe niorthe à 22:47 1 commentaires